The Amazons : « Sur scène on a à cœur de tout donner pour marquer les esprits »

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Le groupe The Amazons composé du flamboyant chanteur Matt Thomson, du guitariste Chris Alderton, Elliot Briggs à la basse et Joe Emmett à la batterie.

The Amazons est un des nouveaux groupes prometteurs de la scène rock britannique. Dans le radar des médias depuis la sortie de leur EP « Dont You Wanna Know » en 2015, le quatuor originaire de Reading n’en finit pas de faire parler de lui. Adepte d’un rock transpirant et de prestations lives endiablées, le groupe s’apprête à sortir le 26 mai son premier album. De passage à Paris, on en profité pour discuter avec Eliott Briggs (basse) et Joe Emmet (batterie) afin d’en savoir plus sur leur état d’esprit. Rencontre avec des rockeurs qui gardent les pieds sur terre.

 

MODERN COMA : Vous avez énormément attiré l’attention des médias depuis plusieurs mois. Dans quel état d’esprit êtes vous à l’approche de la sortie de votre premier album ?

Elliot : Lorsqu’on a signé avec notre label c’était très excitant. J’étais pressé à l’idée de rentrer en studio pour enregistrer notre premier album. Mais arrivé en studio c’était complètement différent de ce à quoi on s’attendait. Il faut s’imaginer que vous êtes enfermé dans une petite pièce pendant un mois et que vous êtes concentré à 100% sur votre musique pour donner le meilleur. C’est une super expérience, seulement au bout d’un moment vous êtes fatigué d’écouter en boucle les chansons enregistrées, puis de les rejouer. On était excités et impatients parce qu’on on voulait que notre album soit terminé pour enfin le sortir et le faire découvrir au public.

Vous prêtez attention à la critique ?

Elliot : C’est toujours bien de voir comment les gens réagissent à votre musique, d’avoir une perspective différente, mais une critique reste centrée sur un point de vue personnel. Les critiques font parti prenante de l’industrie musicale, c’est le jeu. Mais il ne faut pas les prendre comme paroles d‘évangiles. Je pourrais vous dire que l’album de tel groupe est le meilleur et lui attribuer la note maximale. Mais ce n’est pas parce que j’ai considéré qu’il était le meilleur qu’il l’est réellement. D’autres pourront penser complètement le contraire et le trouver lamentable.

Joe : Oui le rapport à la musique est complètement subjectif ; les critiques sont un indicateur permettant de savoir comment la majorité des gens perçoivent votre musique. Qui sait, on peut espérer que certains détesteront notre musique ! *rires *. Nous concernant on a de la chance que tout se déroule bien. Notre album n’est pas encore sorti (il est disponible en prévente) mais les gens le pré-commandent déjà. C’est génial, surtout pour un nouveau groupe comme nous.

Que peut-on attendre de ce premier album ?

Joe : Il faut comprendre que nous avons eu beaucoup de temps pour écrire cet album. L’écriture a démarré à l’âge de 17 ans, quand Matt a commencé à écrire les premières chansons du groupe, et se termine à nos 23/ 24 ans. On peut voir cet album comme le récit d’une aventure de questions sans réponses à l’époque, auxquelles nous essayons de répondre aujourd’hui. C’est aussi pour ça que nous n’avons pas voulu donner de nom à notre album, parce qu’il représente qui nous étions à l’époque et durant tout le process. Nous sommes The Amazons, c’est tout.

Elliot : Comme tout le monde, entre nos 18 et 24 ans nous avons grandi, évolué, vécu de bons et mauvais moments et fait des erreurs. L’album résume tout ça.

Joe : Quand on écoute l’album, on ressent clairement cette évolution au sein de notre musique. « Stay With Me » est une des première chansons que Matt a écrit quand il avait 18 ans ; le son est très indie rock, contrairement à « In My Mind » qui a été créée juste avant de rentrer en studio et qui a un son plus heavy. D’autres chansons sont plus douces dont une (Parade) entièrement jouée au piano. Nous avons grandi et nos influences musicales aussi. On voulait que notre album reflète ça.

Justement quelles sont vos influences musicales ?

Joe : Elles sont très variées car nous sommes quatre, mais nous avons beaucoup d’influences en commun comme Led Zepellin, Nirvana, Arcade Fire…

Elliot : Queen of The Stone Age aussi. Ce sont des groupes qui nous ont beaucoup inspirés quand nous étions jeunes et qui nous ont donné envie de faire de la musique. Aujourd’hui, on est également tourné vers la nouvelle scène avec des groupes anglais qui ne sont pas encore signés et que l’on emmène en tournée avec nous.

En écoutant votre album on se rend compte que l’amour (souvent compliqué) est un thème récurrent.

Joe : Matt est celui qui écrit les paroles. Je ne pourrai pas parler à sa place et expliquer le sens caché de chaque chanson, mais c’est ce qui fait au final la beauté de la musique en général. Une chanson peut être interprétée librement et différemment par chaque personne. Parfois il écrit la musique avant les paroles, il n’est pas alors concentré en premier lieu sur l’écriture. Certains artistes comme Alex Turner (du groupe Arctic Monkeys) doit sûrement commencer par les paroles, parce qu’il a une approche de l’écriture très poétique et métaphorique. Matt, lui écrit principalement sur son vécu et des expériences ancrées dans le réel.

Il semble plus difficile aujourd’hui d’émerger pour les artistes rock. L’industrie musicale semble plus tournée vers la musique électro. Qu’en pensez-vous ?

Elliot : Ça ne me dérange pas de ne pas être dans les charts, car concrètement ça n’a aucune incidence sur notre musique. Je ne nie pas qu’être au sommet d’un classement est complètement fou et peut faire plaisir, mais aujourd’hui ça ne signifie plus rien pour personne. Tout est éphémère, le hit d’hier ne le sera plus le lendemain. Personnellement je serai incapable de vous citer le numéro 1 du classement de l’année dernière.

Joe : Depuis plusieurs années on voit de nouveaux artistes émerger par leurs propres moyens et qui concourent maintenant avec des grands artistes de l’industrie musicale traditionnelle. Au Royaume-Uni on a l’exemple frappant de la scène grime qui a émergée avec cet esprit « Do It Yourself. » Ce mouvement a permis de montrer qu’un autre schéma de réussite était possible ; on peut aller loin sans avoir de label ou de manager au démarrage. Comme Chance the Rapper qui a gagné un Grammy Award alors qu’il n’avait aucun contrat avec une maison de disque. Cette philosophie nous a guidé quand on a formé The Amazons. On distribuait des démos gratuitement pour que les gens découvrent notre musique ; on était passionnés.

Elliot : C’est quelque chose avec lequel la musique electro ou pop ne peut pas rivaliser. Tout le cœur et la passion investi dans la création d’un groupe, le fait de créer de la musique à plusieurs, tourner ensemble pendant des années ; c’est un supplément d’âme que possède le rock mais dont l’electro est dépourvue. Au final même si la musique électro cartonne dans les charts, ce n’est qu’une petite victoire.

Ce soir vous jouez à Paris en première partie de Last Train. Votre musique est connue pour être sauvage et brute, peut-on s’attendre à la même chose sur scène ?

Elliot : Définitivement ! Sur scène on a à cœur de tout donner pour marquer les esprits. Ecouter un album c’est bien, mais le live doit être vécu comme une véritable expérience ; c’est ce que l’on souhaite offrir à notre public.

Joe : Notre productrice, Catherine Marks, nous a vu jouer en live et elle souhaitait retranscrire cette énergie et cette passion qui nous anime sur scène, au sein de l’album. C’était important. C’est pour ça que les morceaux ont été enregistrés dans les conditions du live : tous ensemble dans la même pièce à rejouer jusqu’à qu’elle soit entièrement satisfaite du résultat.

J’ai lu que vous aviez brûlé votre van pour illustrer la pochette de l’album. Pourquoi ?

Joe : Quand on a signé avec notre label (Fiction Records), la première chose qu’on a fait c’est d’acheter un van pour pouvoir parcourir les salles de concerts et jouer autant que possible. Clairement ça ne nous a pas coûté cher.

Elliot : Normal c’était un van pourri.

Joe : Oui mais il ne nous a jamais fait défaut, il n’est jamais tombé en rade.

Elliot : Si une fois à un festival. C’était la tempête dehors, il pleuvait et on était resté bloqué dehors car les portes du van ne s’ouvraient pas. Finalement après plusieurs essais une des portes a cédée et on a pu se réfugier à l’intérieur. Pendant qu’on essayait de réparer la serrure, on a senti une odeur étrange qui provenait de la batterie qui avait fuit à l’intérieur du van. On était posé sur les banquettes en train de fumer, sans savoir que c’était très corrosif pour les poumons et hautement inflammable. On aurait pu disparaître plus tôt que prévu ! * rires * Au final il n’allait plus être utilisé, donc on a eu l’idée de le brûler pour illustrer notre album.

Joe : C’est symbolique. Il faut voir ça comme une manière de mettre un point final à cette période. Une façon de clôturer un chapitre de notre histoire pour se concentrer sur l’écriture de nouvelles aventures.

Vous tournez beaucoup en ce moment, le rythme est intense. Ce n’est pas trop dur ?

Elliot : On s’y habitue. On a développé une sorte de routine, comme les gens qui travaillent tous les jours de 9h à 17h : on se lève le matin pour aller dans le van et faire de la route, on effectue les balances, réalise des interviews, quand on a du temps on visite les alentours, on dîne et finalement on se produit sur scène. Avant Joe et moi on travaillait dans un supermarché. Aujourd’hui on a la chance de pouvoir faire ce que l’on souhaite. Donc parfois il nous suffit de nous rappeler de notre vie d’avant pour relativiser.

Joe : On se sent comme des privilégiés de pouvoir vivre de notre passion et voyager à travers le monde. Prochainement on va visiter des pays comme le Japon, la Corée du Sud, l’Australie…c’est génial. Donc même si c’est fatiguant on adore notre mode de vie, pouvoir rencontrer des nouvelles têtes, faire connaissance avec nos fans.

On va finir par des questions plus légères. Si vous deviez décrire votre musique en trois mots ?

Joe : Transpirant, chevelu, rock

Elliot : Transpirant, chevelu, brutal

Si vous n’aviez pas percé dans le monde de la musique, quel métier auriez vous fait ?

Elliot : Petit, je voulais être archéologue, peut être parce que j’adorais les dinosaures.

Joe : J’aurais ouvert un restaurant de Fish&Chips.

Quelle est votre chanson préférée en ce moment ? Ou artiste ?

Elliot : « That Dress » de Pale White.

Joe : C’est un groupe de Newcastle qu’on aime beaucoup. Leur chanson « Turn it Around » est aussi une de nos favorites.

Quel est le membre du groupe qui a le plus de succès ?

Joe : On a quasiment tous des copines et pour ma part je vais bientôt me marier. Matt est la seule option. C’est bien ça va flatter son ego, il nous remerciera !

La sortie du premier album de The Amazons est prévue le 26 mai via Fiction Records. L’album est actuellement disponible en prévente ici. Si vous souhaitez découvrir The Amazons en live, le groupe sera de retour à Paris le 22 novembre au Point Ephémère.

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