Juliette Armanet déringardise la variété des années 80

Juliette Armanet, Julien Doré, Modern Coma
Juliette Armanet, Julien Doré, Modern Coma

Entre France Gall et Laurent Voulzy, Juliette Armanet nous prouve que l’on peut encore fait de belle variété française en 2017.

Il est toujours agréable de voir qu’une artiste découverte au détour d’un concert de Julien Doré aboutisse à la publication d’un album (« Petite Amie ») encensé par la critique musicale. Pourtant, Juliette Armanet n’avait pas fait le choix le plus simple. Chanter de la variété en mode piano-voix avec une douce voix susurrante plus de 30 ans après les Michel Berger (« Sous la pluie » partage d’ailleurs de grandes similitudes avec « Paradis blanc »), les Christophe et autres Laurent Voulzy, il fallait oser. Pourtant, la magie opère.

Impossible pourtant de ne pas sombrer dans une étrange nostalgie à l’écoute de « A la folie » que l’on croirait tout droit sortie de la BO de La Boum avec cordes sages et piano mélo-kitsch. Si les années 80 sont allègrement reprises par les artistes d’aujourd’hui (Flavien Berger, Carpenter Brut, La Femme), c’est d’abord pour les tordre dans tous les sens, voire les parodier.
Ici, Juliette Armanet a choisi de rester simple. Une très faible présence des synthés au profit des instruments classiques. Tout est fait pour respecter l’ingrédient si reconnaissable et pourtant si indéfinissable qui a fait le sel des années 80. D’ailleurs, on ne sera pas étonné d’apprendre qu’elle a coécrit « Un autre que moi » sur l’album de Fishbach. Une autre héritière nouveau genre de la variété française qui explose en ce moment.


Evidemment, c’est l’amour qui est au cœur des compositions de Juliette Armanet. Les joies et surtout les peines, toujours chantées doucement, avec délicatesse. « Y’a comme un blues au paradis/Comme une larme en béton noir/Glissée dans mon corsage du soir » (« Manque d’amour ») Sous l’aspect délicieusement innocent se cache beaucoup de noirceur.
L’artiste sait cependant manier d’autres genres que la langueur des ballades. Le discret electro-rock « A la guerre comme à l’amour » joue l’équilibriste entre héritage eighties et musique moderne. On a un faible pour « Un samedi soir dans l’histoire ». Mixé par Yuksek mais que l’on jurerait issu de la discographie d’un Hernandez. Ou d’un générique de série télévisée pour ado de l’époque.
Enfin, si rien de tout cela ne vous convainc, écouter au moins sa reprise au piano-saxo (!) de « I feel it coming » de The Weeknd: « Je te sens venir… en moi ». En français. Beaucoup plus sexy et directe que la version anglaise. Juliette Armanet, c’est avant tout une plume qui rend hommage à des monuments de la culture française.


« Petite Amie » de Juliette Armanet est sorti le 7 avril 2017.

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