Petosaure, l’apprenti sorcier de la chanson française, présente « Docile Amie »

Petosaure, Modern coma, Fantôme de l'enfant
Petosaure

Petosaure est un projet avant-gardiste pour une variété française qui a tendance à se reposer sur ses lauriers. Il s’agit d’un véritable travail d’auteur.

Petosaure fait partie de ses artistes où les clips sont aussi intéressants (et intrigants) que les textes. Et ces derniers sont très intéressants et très intrigants. C’est le cas pour son dernier titre, « Docile amie », extrait final de son album « Fantôme de l’enfant ».

Dans ce morceau à la batterie légère et aux multiples instruments (violons désaccordés, piano, synthés, xylophone, saxophone, batterie…) joués par les deux compères de Petosaure (Krispy Krust à la batterie et Meunier en homme-orchestre), on suit l’auteur-compositeur dans une curieuse partie de chasse en pleine nature. La proie est ici une femme.

Le tempo, d’abord lent avec quelques rares instruments, s’accélère au fur et à mesure que la chasse se poursuit. Et de nouveaux sons font leur apparition jusqu’à l’apogée de cette chasse – la mise à mort – emmenée par des cordes survoltées et un saxophone des plus élégants. Une petite perle qui donne une large part, une fois n’est pas coutume chez Petosaure, à l’instrumental.

Cette mise en scène macabre, dont Petosaure est friand (voir le dérangeant mais excellent clip de « La gorge du diable »), est à mettre en contradiction avec la douce voix, posée, de Petosaure. Et de ses textes tout en retenue et en concision. « Je m’oublie et elle m’ignore/ si je lui offre ces accords », chante-t-il de sa voix grave, tout en observant sa proie. Petosaure, c’est ça. Une envie de foutre en l’air les barrières de la chanson française. Ici, le dépit amoureux, chanté doucement, percute une imagerie macabre, tout en étant porté par des instruments de plus en plus excités. Assoiffés même.

Petosaure ne peut pas plaire à tout le monde. Et on pense qu’il s’en fiche. La preuve, les autres chansons de son album « Fantôme de l’enfant » partent dans tous les sens et tous les styles. Pas étonnant quand on sait qu’il apprécie tout autant Bashung, Biolay, Mr Oizo ou… Booba. Une curiosité à écouter.

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